Skip to content
1893

FIN D'EMPIRE

Albert SAMAIN

Dans l'atrium où veille un César de porphyre, Arcadius, les yeux peints, les cheveux frisés, Par un éphèbe au corps de vierge se fait lire Un doux papyrus grec tout fleuri de baisers.

C'est une idylle rose, où le flot bleu soupire, Où l'art mièvre zézaie en vers adonisés ; Et l'empereur, qu'un songe ambigu fait sourire, Respire un lis avec des gestes épuisés.

Cependant d'heure en heure entrent des capitaines ; Ils disent la terreur des batailles lointaines ; Mais le maître au front ceint de roses n'entend pas. Et, seul, l'aïeul de marbre au dur profil morose

A tressailli dans l'ombre, en écoutant là-bas Craquer sinistrement l'Empire grandiose.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
FIN D'EMPIRE · Albert SAMAIN · Poetry Cove