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1893

CONFINS

Albert SAMAIN

Dans l'ombre tiède où toute emphase s'atténue, Sur les coussins, parmi la flore des lampas, L'effeuillement des heures d'or qu'on n'entend pas. Vibrer ainsi qu'un son d'archet qui diminue.

S'affiner l'âme en une extase si ténue ; Jouir son cœur sur une pointe de compas ; Tenter parmi des flacons d'or d'exquis trépas ; Ne plus savoir ce que sa vie est devenue…

Se retrouver, et puis se perdre en des pays, Et des heures, en des pianos inouïs Faire flotter comme du silence en arpèges ; Dans les parfums et la fumée aux lents manèges

Jusqu'à son cœur et par ses yeux évanouis Sentir tomber des baisers doux comme des neiges.

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