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1904

CHŒUR

Albert SAMAIN

Nymphes des bois, nymphes des eaux, Naïades ceintes de roseaux, Petites nymphes des ruisseaux, Qui courez tout le jour à travers les étangs

Sur les grands nénuphars flottants, Un vent frais s'est levé sur les routes poudreuses : Quittez vos retraites ombreuses Et livrez vos bras nus aux brises amoureuses.

Les feux du jour sont apaisés… La brise apporte ses baisers Aux grands calices épuisés. Sur la mer aux rumeurs lointaines

Des voiles s'en vont vers Athènes… Penchez vos longs cheveux au marbre des fontaines. La mer rose palpite au couchant enflammé : Vers le soleil qui meurt que notre hymne s'élève !

Chantons, mes sœurs, voici qu'un jour encor s'achève… Chantons, mes sœurs, le soir limpide et parfumé ! Et saluons la nuit, la nuit grave aux longs voiles Qui pose ses pieds bleus sur les nuages d'or

Et porte doucement, sous son manteau d'étoiles, Le crépuscule qui s'endort. Nymphes des sources, des rivières, Nymphes des bois et des clairières,

Enlacez-vous… Tournez sous le feuillage obscur, Tournez, robes d'argent, d'hyacinthe et d'azur… La mer murmure, solitaire, Des fleurs se ferment sur la terre,

La lune monte avec mystère…

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