Skip to content
1890

CAVE CANEM

Camille SAINT-SAËNS

Le chien n’est qu’un animal ; Mais l’homme, par qui tout change, De l’animal fait un ange, De la bête un idéal ;

D’un museau noir, un poème De jais brillant au soleil. Rien sous les cieux n’est pareil Aux pattes du chien qu’on aime,

À ses oreilles, tombant Avec grâce, ou redressées, Selon que vont les pensées De cet être captivant.

Un sourire est dans sa queue : Le grand poète l’a dit. Si quelque intrus en médit, On l’évite d’une lieue.

À son chien se confiant Chacun pousse le courage Jusqu’à braver de la rage Le péril terrifiant.

Devant Azor qu’on admire Le genre humain disparaît. Pour plus d’une, que serait Un amant, près de Zémire !

Ce fantoche intelligent Grâce aux erreurs que je blâme (Peut-être en les partageant) Prend le meilleur de notre âme.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CAVE CANEM · Camille SAINT-SAËNS · Poetry Cove