Si nous nions le jour pour la lueur fugace,
C’est que depuis l’aurore on égare nos pas,
Avec un soin jaloux nous dérobant la trace
Du droit chemin, qu’hélas ! nous ne connaissons pas.
Le poison du mensonge a nourri notre race,
Le venin dans la coupe abreuve nos repas :
En nos veines il coule et du sang prend la place ;
Le pain de vérité nous donne le trépas.
L’esprit faussé depuis la première jeunesse,
Comment goûterions-nous les vrais biens ? notre cœur
A senti du Serpent la trompeuse caresse ;
Il prend pour l’Idéal une impossible ivresse,
Méprisant la Nature et le simple bonheur :
Le Vrai voile sa face et le Faux est vainqueur.