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1890

À AUGUSTA HOLMÈS

Camille SAINT-SAËNS

L’Irlande t’a donnée à nous. Ta gloire est telle Qu’un double rayon brille à ton front : Astarté, Aussi belle que toi, ne savait qu’être belle ; Sapho qui t’égalait n’avait pas ta beauté.

Tu chantes, comme vibre une forêt superbe Qu’agite la fureur des grands vents déchaînés ; Comme aux feux de midi la cigale dans l’herbe ; Comme sur un récif les flots désordonnés.

Ton talent réunit la force et la souplesse, Et d’une défaillance il n’a pas à rougir ; Si tu peux gazouiller comme en son allégresse L’oiseau des champs, tu sais comme un fauve rugir.

La République, l’Art et l’Amour ont ensemble Mêlé leurs voix, guidés par ta puissante main, Cette main qui jamais n’hésite ni ne tremble, Que la lyre soit d’or ou qu’elle soit d’airain.

Tout un peuple a chanté l’Hymne de délivrance, Vignerons, matelots, artisans, laboureurs, Artistes et savants, parure de la France, Les guerriers, les enfants qui leur jettent des fleurs.

À ta flamme allumée en brillante spirale La flamme des trépieds sur tous les fronts a lui, Et nous avons trouvé dans l’Ode Triomphale Pour le grand Centenaire un chant digne de lui.

La Patrie adorée au tout-puissant génie Te presse avec amour sur son cœur glorieux. Sois par nous acclamée et par elle bénie, Et puisse ton étoile illuminer les cieux !

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