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1871

LES OISEAUX DU PROSCRIT

Théobald SAINT-FÉLIX

Petits oiseaux, vous que je vis éclore, Dans votre nid, fruit de chastes amours, Restez longtemps, amis restez encore ; Car le malheur vient planer sur vos jours.

Pauvres petits, le destin nous opprime, Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ; Mais il viendra consoler la victime, Alors son bras vengera les proscrits.

Petits, oiseaux, déjà croissent vos ailes, Besoin d’aimer à tous se fait sentir… Libres, volez, mais revenez fidèles Au joli nid qui vous verra partir !

Pauvres petits, le destin nous opprime, Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ; Mais il viendra consoler la victime, Alors son bras vengera les proscrits.

Petits oiseaux, n’allez pas au bocage. Craignez le plomb, la serre des vautours, De ma prison faites-vous une cage. Là, je pourrai veiller sur vos amours.

Pauvres petits, le destin nous opprime, Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ; Mais il viendra consoler la victime, Alors son bras vengera les proscrits.

Petits oiseaux, n’allez pas dans la plaine, Car l’oiseleur vous donnerait la mort. — Restez ici pour alléger ma peine, Restez ici pour adoucir mon sort !

Pauvres petits, le destin nous opprime, Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ; Mais il viendra consoler la victime, Alors son bras vengera les proscrits.

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