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1899

Sur une croix

Maurice ROLLINAT

Dans ce pays lugubre et si loin de la foule, Un cimetière d'autrefois, Bien souvent m'attirait avec sa grande croix Dont la tête et les bras se terminaient en boule.

Or, fin d'automne, un soir que tout était plongé Dans une mourante lumière, Je m'arrêtai pour voir la croix du cimetière… Qu'avait-elle donc de changé ?

De façon peu sensible et pourtant singulière, Son sommet s'était allongé. Et, curieusement, saisi, le sang figé, Immobile comme une pierre,

Vers elle je tenais tendus l'œil et le cou, Lorsqu'un chat-huant tout à coup Vint à s'envoler de sa cime ! Et, j'en eus le frisson intime :

Cette bête incarnait l'âme d'un mauvais mort Sur le haut de la croix méditant son remord.

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