Skip to content
1877

MES PIPES

Maurice ROLLINAT

Le jour comme à minuit Je fume. Car le tabac parfume L'ennui.

O mes pipes, sans bruit, Dans vos nimbes de brume Je hume La nuit !

Que deviendrait sans vous Ma chambre, Calumets à bout d'ambre Si doux,

Lorsqu'avec des cris fous Geint le vent de décembre Qui cambre Les houx ?

Et quand les nuits sont brèves, Au mois Des jeux, des doux émois, Des sèves,

Vous m'enivrez sans trêves : Avec vous, dans les bois, Je bois Des rêves.

O filles, ô cafardes, Je hais Vos faces à jamais Blafardes.

Ève, en vain tu te fardes, Pour femmes, désormais, J'ai mes Bouffardes.

Embaumez donc mes jours, Charmeuses, O pipes, mes brumeuses Amours !

Et dans tous mes séjours, Restez, mes endormeuses, Fumeuses Toujours.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
MES PIPES · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove