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1883

Les Yeux des vierges

Maurice ROLLINAT

Ce qui luit dans les yeux des vierges C'est un songe vague et tremblant, Un songe végétal et blanc Comme le nénuphar des berges.

Tant que l'Amour, dans ses auberges, Ne leur sert que du vin troublant, Ce qui luit dans les yeux des vierges C'est un songe vague et tremblant.

Mais du jour où tu les héberges, Ô Plaisir, hôtelier brûlant, Ton souffle humide, âcre et dolent Éteint, comme on éteint des cierges,

Ce qui luit dans les yeux des vierges !

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