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1877

LES VIEUX CHEVAUX

Maurice ROLLINAT

Je suis plein de respect pour la bête de somme, Et, pour moi, l'âne maigre et les chevaux poussifs Marchant devant le maître affreux qui les assomme, Sont de grands parias, résignés et pensifs.

Aux champs, dans leur jeunesse, aussi dodus qu'ingambes, Ils avaient du foin vert, ils avaient du répit. Ils traînent maintenant leur vieux corps décrépit, Le séton au poitrail, et l'écorchure aux jambes.

Ils déferrent leur corne à force de tirer, Pleins d'ulcères hideux que viennent lacérer Les lanières du fouet et les mouches féroces. Et l'homme, ce tyran qu'irrite la douceur,

Les flagelle à deux mains, en hurlant : « Boitez, rosses, « Mais vous me servirez jusqu'à l'équarisseur ! »

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