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1883

Les Vierges

Maurice ROLLINAT

Le cœur des vierges de vingt ans Est inquiet comme la feuille, Et tout leur corps aspire et cueille Les confidences du Printemps.

Le jour, aux parfums excitants Du lilas et du chèvrefeuille, Le cœur des vierges de vingt ans Est inquiet comme la feuille.

Le soir, sur le bord des étangs, Chacune rôde et se recueille, Et leur secret que l'ombre accueille Fait sourire ou pleurer longtemps

Le cœur des vierges de vingt ans.

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