Ils ont pour promenoir Des vallons verts et mornes. Quels prés, matin et soir, Ils ont pour promenoir !
A peine à leur front noir On voit poindre les cornes. Ils ont pour promenoir Des vallons verts et mornes.
Ils ne peuvent rester Une minute en place. Où qu'ils soient à brouter, Ils ne peuvent rester.
Aussi font-ils pester Le vacher qui se lasse. Ils ne peuvent rester Une minute en place.
Autour des grands taureaux Tous trois font les bravaches ! Quels meuglements ! quels trots Autour des grands taureaux !
Ils ne sont pas bien gros, Mais ils courent les vaches ! Autour des grands taureaux, Tous trois font les bravaches !
Chacun fait plus d'un saut Sur la génisse blonde. Pour elle quel assaut ! Chacun fait plus d'un saut.
Elle en a l'air tout sot, La pauvre pudibonde. Chacun fait plus d'un saut Sur la génisse blonde.
Le pauvre petit chien Fortement les agace. Il est si bon gardien, Le pauvre petit chien.
Si tous trois sont très bien, Avec plus d'une agace Le pauvre petit chien Fortement les agace.
Il est estropié Par les coups qu'il attrape, A toute heure épié, Il est estropié.
De la tête et du pied C'est à qui d'eux le frappe. Il est estropié Par les coups qu'il attrape.
Quand ils sont altérés Ils vont boire à la Creuse. Ils s'échappent des prés Quand ils sont altérés.
Oh ! les doux effarés Sur la côte pierreuse ! Quand ils sont altérés, Ils vont boire à la Creuse.
Ils marchent dans les buis, Lents comme des tortues ; Sur le bord où je suis Ils marchent dans les buis.
Leurs pieds n'ont pour appuis Que des roches pointues ; Ils marchent dans les buis Lents comme des tortues.
Moi, je fume, observant Le liège de ma ligne Qui bouge si souvent ; Moi, je fume, observant ;
Eux, vont le mufle au vent, La prunelle maligne ; Moi, je fume, observant Le liège de ma ligne.
Ils s'arrêtent fourbus Sous l'orme ou sous le tremble. Dans les endroits herbus Ils s'arrêtent fourbus.
Joignant leurs nez camus Ils se lèchent ensemble. Ils s'arrêtent fourbus Sous l'orme ou sous le tremble.
A vous ces triolets Que j'ai faits sur la brande ! Chers petits bœufs follets, A vous ces triolets.
Aux prés ruminez-les, La saveur en est grande ; A vous ces triolets Que j'ai faits sur la brande
Oh ! quel charme ! C'était Par une nuit d'automne ; Le grillon chuchotait. Oh ! quel charme c'était !
L'étang brun reflétait La lune monotone. Oh ! quel charme ! C'était Par une nuit d'automne !
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