Skip to content
1899

Les Infinis

Maurice ROLLINAT

Vertigineux géant du désert qu'il écrase, La tête dans l'azur et le pied dans la mer, Le mont découpe, ardent, sous le dôme de l'air, Son farouche horizon de chaos en extase.

Le vide où, par instants, des vents de feu circulent, Tend son gouffre comblé par son rutilement ; L'onde et la nue, ayant même bleuissement, Face à face vibrants, s'éblouissent et brûlent.

Là, ce que la Nature a de plus éternel : L'Espace, l'Océan, la Montagne, le Ciel, Souffre pompeusement la lumière embrasée : Puis, la Nuit vient, gazant sous ses voiles bénis

La Lune, spectre errant de ces quatre infinis Qui boivent les soupirs de son âme glacée.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Les Infinis · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove