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1883

Les Étoiles bleues

Maurice ROLLINAT

Au creux de mon abîme où se perd toute sonde, Maintenant, jour et nuit, je vois luire deux yeux, Amoureux élixirs de la flamme et de l'onde, Reflets changeants du spleen et de l'azur des cieux.

Ils sont trop singuliers pour être de ce monde, Et pourtant ces yeux fiers, tristes et nébuleux, Sans cesse en me dardant leur lumière profonde Exhalent des regards qui sont des baisers bleus.

Rien ne vaut pour mon cœur ces yeux pleins de tendresse Uniquement chargés d'abreuver mes ennuis : Lampes de ma douleur, phares de ma détresse, Les yeux qui sont pour moi l'étoile au fond d'un puits,

Adorables falots mystiques et funèbres Zébrant d'éclairs divins la poix de mes ténèbres.

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