Skip to content
1883

Les Bienfaits de la nuit

Maurice ROLLINAT

Quand le chagrin, perfide et lâche remorqueur, Me jette en ricanant son harpon qui s'allonge, La Nuit m'ouvre ses bras pieux où je me plonge Et mêle sa rosée aux larmes de mon cœur.

À son appel sorcier, l'espoir, lutin moqueur, Agite autour de moi ses ailes de mensonge, Et dans l'immensité de l'espace et du songe Mes regrets vaporeux s'éparpillent en chœur.

Si j'évoque un son mort qui tourne et se balance, Elle sait me chanter la valse du silence Avec ses mille voix qui ne font pas de bruit ; Et lorsque promenant ma tristesse moins brune,

Je souris par hasard et malgré moi, — la Nuit Vole, pour me répondre, un sourire à la lune.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Les Bienfaits de la nuit · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove