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1883

Le Marchand d'habits

Maurice ROLLINAT

Marchand d'habits ! Ta voix de cuivre et de rogomme Me surprend tout à coup, me hèle en tapinois ; Et toujours dans mon âme elle pénètre, comme Un fantôme canaille, ironique et sournois.

Entouré de bouquins, devant mon cher pupitre, J'ai beau dompter le spleen et l'à-quoi-bon moqueur, Pour me martyriser ton cri perce ma vitre Et vient en ricanant se planter dans mon cœur.

Fatalement alors je cours à la fenêtre ; Mais, cette fois, je sens frissonner tout mon être En rencontrant ton œil obliquement tourné. Et nous nous regardons tous les deux, sans rien dire :

Et tu pars satisfait, sachant que ce damné Va passer la journée entière à te maudire !

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