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1899

Le Maquignon

Maurice ROLLINAT

Ballonné de partout, englouti par la graisse Se façonnant en plis, fanons et bourrelets, Il portait gai, pesant ses trois cents bien complets, Le vineux monument de sa personne épaisse.

Court, nez plat, petit œil encor rapetissé, Lobe d'oreille monstre, un teint violacé, Et, bossuant sa blouse, un vrai poinçon pour ventre : Tel était ce Merlot, maquignon, ancien chantre.

C'est lui qui me disait : « P't'êt' à part les verrats, Si boudinés mastoc qu'on n'leur voit pas la tête, Sans m'êt' mis à l'engrais, c'est toujours moi l'plus gras Comm' le mieux arrondi d'mes bêtes !

Mais, c'est trop d'lard tout d'mêm' ! Ça m'en rend estropié : Mes bras r'tirés, plus d'cou, ma pans' cachant mes pieds, C'est plus un homm' que j'suis ! je m'figure être un' boule ! Et que je n'march' plus, mais que j'roule !

Bah ! j'suis l'plus fin dans ma gross' taille. Avec moi les malins fil' doux. L'maigre est mis d'dans par le saindoux, Comm' le baril par la futaille. »

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