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1899

Le Fossoyeur

Maurice ROLLINAT

Le fossoyeur-bedeau Se fait toujours attendre… Les porteurs vont reprendre Leur funèbre fardeau.

En soufflant ses grands cierges L'officiant se dit : « Mon sacristain maudit Court encor les auberges ! »

Enfin, on s'achemine Au cimetière, et là Riant tout fort, voilà Chacun changeant sa mine.

Car, une voix sereine, Avec l'accent gouailleur, Celle du fossoyeur, Monte et dit, souterraine :

« c'te nuit, un coup d'boisson M'a fait perd' la raison ; Comm' j'étais dans la place J'ai réchauffé la glace.

Vos libera, quoiq' saoul, J'les entends ben d'mon trou : Que l'bon Dieu les exauce ! Pauv' mort ! t'attends ta fosse ?

Tu l'auras ! laisse avant S'désenterrer l'vivant ! »

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