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1883

Le Boudoir

Maurice ROLLINAT

La dame aux cheveux longs et couleur de topaze Conserve dans sa chambre un magique cercueil Si fantastiquement vague et fragile à l'œil, Qu'il a l'air vaporeux comme un voile de gaze,

Ni cierges, ni tréteaux, ni tentures de deuil. Le portrait dans son cadre et la fleur dans son vase, Meubles, miroirs, tapis, tout sourit plein d'extase ; Et pourtant, ce boudoir est gênant pour l'orgueil.

Que le matin y filtre, ou que le soir y tombe, Il inflige toujours le rappel de la tombe Et de la pourriture à six pieds dans le sol : Car la bière fluette exhale par bouffées,

Sourdes comme un écho de plaintes étouffées, L'odeur cadavéreuse et jaune du phénol.

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Le Boudoir · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove