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1899

La Ronce et le Serpent

Maurice ROLLINAT

Foisonnantes, couvant des venins séculaires Dans ce marécageux semis d'herbe et de rocs, Les ronces, par fouillis épais comme des blocs, Embusquaient sourdement leurs dards triangulaires.

Ah certe ! Elles guettaient si bien l'occasion Du Mal, si scélérate épiait leur adresse, Que l'accrochant éclair de leurs griffes traîtresses Fut plus subtil encor que ma précaution.

J'enrageais ! Quand mon pied heurte un serpent… la bête Aurait pu se venger ? elle écarta la tête, Et s'enfuit d'un train plus rampant. Allons ! que ton humeur à présent se défronce,

Me dis-je ! — Et, j'oubliai pour un si doux serpent La méchanceté de la ronce.

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