Skip to content
1899

La Mendiante

Maurice ROLLINAT

Bissac vide, et pas un petit sou dans les poches, La mendiante, au soir, traîne un pas de crapaud, Comme un fantôme lent sous son mauvais capot Que, de chaque côté, vont tirochant ses mioches.

Et puis, tout s'enténèbre. Elle tremble effarée ; Ses petits, s'envasant, s'accrochent à ses bras, Et, dans l'obscur opaque, au sein du limon gras, L'horreur suprême étreint la famille égarée.

Soudain, l'ombre s'entr'ouvre aux glissantes lueurs De la lune. La mère a souri dans ses pleurs Au bon astre livide et jaune… Et dit : « Personn' n' nous fut pitoyable aujourd'hui !

C'est p'têt' pour ça q' la lun', dans l' si noir de la nuit, D'un bout d' clarté nous fait l'aumône. »

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
La Mendiante · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove