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1899

La mauvaise Rencontre

Maurice ROLLINAT

Il fait un de ces temps où la sueur vous trempe, Où l'on est de plomb pour marcher, Gorge sèche et feu dans les tempes. Sur le haut d'un petit rocher

Un grand chat noir se tient juché, Tandis que juste au bas une vipère rampe. D'où vient ce chat lisse et narquois Qui n'a pas du tout l'air de vivre dans les bois ?

Pourquoi, si tard, cette vipère N'est-elle pas dans son repaire ? L'une, par sa langue fourchue, L'autre, par le vert de ses yeux,

Illuminent, mystérieux, Leur coin de lumière déchue. Le silence plein de féerie Parfois est coupé seulement

D'un sarcastique sifflement, D'une amère miaulerie. Et, par ce soleil au déclin, Le reptile et le beau félin

Sont d'une horreur inoubliable. Il semble qu'en ce lieu discret Sous deux formes vous apparaît La personne même du diable !

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La mauvaise Rencontre · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove