Skip to content
1883

La Joconde

Maurice ROLLINAT

Le mystère infini de la beauté mauvaise S'exhale en tapinois de ce portrait sorcier Dont les yeux scrutateurs sont plus froids que l'acier, Plus doux que le velours et plus chauds que la braise.

C'est le mal ténébreux, le mal que rien n'apaise ; C'est le vampire humain savant et carnassier Qui fascine les cœurs pour les supplicier Et qui laisse un poison sur la bouche qu'il baise.

Cet infernal portrait m'a frappé de stupeur ; Et depuis, à travers ma fièvre ou ma torpeur, Je sens poindre au plus creux de ma pensée intime Le sourire indécis de la femme-serpent :

Et toujours mon regard y flotte et s'y suspend Comme un brouillard peureux au-dessus d'un abîme.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
La Joconde · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove