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1883

La dernière Nuit

Maurice ROLLINAT

Or, ce fut par un soir plein d'un funèbre charme, Qu'après avoir suivi des chemins hasardeux Ils s'assirent enfin dans un vallon hideux Où maint reptile errant commençait son vacarme.

Et tandis que l'orfraie avec son cri d'alarme Clapotait lourdement dans un vol anxieux, Sous la compassion sidérale des cieux Ils gémirent longtemps sans verser une larme[.]

Tout à coup, le buisson les vit avec stupeur Unir dans un baiser leurs lèvres violettes Ricanant à la fois de tendresse et de peur. Et puis, les deux amants joignirent leurs squelettes,

Crispèrent leur étreinte en ne faisant plus qu'un Et moururent ensemble au bord du fossé brun.

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La dernière Nuit · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove