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1899

La Débâcle

Maurice ROLLINAT

L'orfraie a rendu son oracle. Venu vite, le soir se bâcle ; L'écluse émet d'horribles sons, Puis, avec d'immenses frissons,

Partout craque… C'est la débâcle ! Et l'on voit l'effrayant miracle D'un vitreux peuple de glaçons Debout, haut comme des maisons,

Dépassant les rochers qu'il racle. Magnifique et hideux spectacle ! L'énorme glacier vagabond Roule les murs d'un habitacle,

Emporte les pierres d'un pont. Le vent qui s'acharne répond Aux banquises couchant l'obstacle. D'aspects et de bruits plus funèbres ?

Jamais personne n'en rêva ! Fantomal, blanc, cela s'en va… En clapotant, l'onde, à pleins bords, Semble ramper dans les ténèbres

Sous des multitudes de morts.

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