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1899

La Corne

Maurice ROLLINAT

La nuit est noire opaque. Au bas d'une âpre côte Paissent bœufs et taureaux, masses lentes, qui vont Chargés d'horreur, avec un beuglement profond, Dans le silence affreux de l'herbe humide et haute.

Ici rampe un crapaud, une grenouille saute, Là, miaule un hibou dans un tronc d'arbre. Ils sont Comme eux secrets, obscurs, invisibles, ils ont Autour, dessus, dessous, le mystère pour hôte.

Mais voici l'air s'éclaircissant. Une lune en demi-croissant A percé les nuages mornes… Et, vers cette corne des cieux,

Ébahis se lèvent les yeux De toutes ces bêtes à cornes.

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La Corne · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove