Skip to content
1899

La Cendre

Maurice ROLLINAT

De la sorte — parlant par la voix du Curé — La cendre de l'âtre interpelle La chambrière antique à l'air dur et madré Qui vient la prendre avec sa pelle :

« Épargne-moi donc, bonne vieille ! Ne va pas encor me noyer, Laisse-moi dans ce grand foyer Où si doucement je sommeille.

Tu ne verras pas rougeoyer Toujours la lumière vermeille. En terre obscure, à poudroyer, Un jour, tu seras ma pareille.

Voici que ton âge succombe ; Nous allons être sœurs ainsi : Moi, je serai poussière ici, Et toi, poussière dans la tombe. »

La vieille qui croit plus encor À l'existence qu'à la mort, Lui répond, tremblante et poussive : « Poussière et cend' ? tant q'tu voudras

Quand je n'blanchirai plus mes draps… En attendant, fais ma lessive ! »

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
La Cendre · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove