Skip to content
1883

La Bibliothèque

Maurice ROLLINAT

Elle faisait songer aux très vieilles forêts. Treize lampes de fer, oblongues et spectrales, Y versaient jour et nuit leurs clartés sépulcrales Sur ses livres fanés pleins d'ombre et de secrets.

Je frissonnais toujours lorsque j'y pénétrais : Je m'y sentais, parmi des brumes et des râles, Attiré par les bras des treize fauteuils pâles Et scruté par les yeux des treize grands portraits.

Un soir, minuit tombant, par sa haute fenêtre Je regardais au loin flotter et disparaître Le farfadet qui danse au bord des casse-cous, Quand ma raison trembla brusquement interdite :

La pendule venait de sonner treize coups Dans le silence affreux de la chambre maudite.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
La Bibliothèque · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove