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1899

L'Éternité

Maurice ROLLINAT

On guette dans la multitude La fuite de tous ses instants. Au contraire, on fige le temps En pratiquant la solitude.

À constamment voir le tableau Du monotone impérissable, On vit l'herbe, le grain de sable, Le rocher, le nuage et l'eau.

L'âge vient à si petits pas Qu'il semble qu'on n'assiste pas À ses lentes métamorphoses : Et l'on a pleinement goûté

La saveur de l'Éternité Lorsque l'on rentre dans les choses.

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L'Éternité · Maurice ROLLINAT · Poetry Cove