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1883

L'Ange pâle

Maurice ROLLINAT

À la longue, je suis devenu bien morose : Mon rêve s'est éteint, mon rire s'est usé. Amour et Gloire ont fui comme un parfum de rose ; Rien ne fascine plus mon cœur désabusé.

Il me reste pourtant un ange de chlorose, Enfant pâle qui veille et cherche à m'apaiser ; Sorte de lys humain que la tristesse arrose Et qui suspend son âme aux ailes du baiser.

Religieux fantôme aux charmes narcotiques ! Un fluide câlin sort de ses doigts mystiques ; Le rythme de son pas est plein de nonchaloir. La pitié de son geste émeut ma solitude ;

À toute heure, sa voix infiltreuse d'espoir Chuchote un mot tranquille à mon inquiétude.

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