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1883

À une mystérieuse

Maurice ROLLINAT

J'aime tes longs cheveux et tes pâles menottes, Tes petits pieds d'enfant, aux ongles retroussés, Tes yeux toujours pensifs et jamais courroucés, Ta bouche de velours et tes fines quenottes.

Puis, j'adore ton cœur où, comme des linottes, Gazouillent à loisir tes rêves cadencés ; Ton cœur, aux sentiments touffus et nuancés, Et ton esprit qui jase avec toutes les notes.

Ton frôlement me fait tressaillir jusqu'aux os Et dans ses regards pleins d'invisibles roseaux Ta prunelle mystique enveloppe mon âme : Donc, tu m'as tout entier, tu me subjugues ! Mais,

En toi, je ne sais pas et ne saurai jamais Ce que j'aime le mieux de l'Ange ou de la Femme !

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