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1891

XXIV

Georges RODENBACH

En province, dans la langueur matutinale Tinte le carillon, tinte dans la douceur De l'aube qui regarde avec des yeux de sœur, Tinte le carillon, — et sa musique pâle

S'effeuille fleur à fleur sur les toits d'alentour, Et sur les escaliers des pignons noirs s'effeuille Comme un bouquet de sons mouillés que le vent cueille : Musique du matin qui tombe de la tour,

Qui tombe de très loin en guirlandes fanées, Qui tombe de naguère en invisibles lis, En pétales si lents, si froids et si pâlis Qu'ils semblent s'effeuiller du front mort des années.

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