Skip to content
1891

XX

Georges RODENBACH

Dans l'horizon du soir où le soleil recule La fumée éphémère et pacifique ondule Comme une gaze où des prunelles sont cachées ; Et l'on sent, rien qu'à voir ces brumes détachées,

Un douloureux regret de ciel et de voyage, Car la blanche fumée est la sœur du nuage Et va vers les lointains où se mêlent en rêve L'odeur fanée et la musique qui s'achève.

Et la fumée entraîne en ses molles spirales L'âme s'exténuant des cloches vespérales Qui s'éteint avec elle en très lente agonie ; Et tout le triste doux d'une chose finie

Et tout le triste doux d'une chose en allée Subsiste après ce bleu de vapeur exhalée Comme si la fumée, on savait qu'elle porte Un linceul impalpable à quelque étoile morte !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XX · Georges RODENBACH · Poetry Cove