Combien longues pour le malade les journées ;
Combien longues surtout pour lui les lentes nuits !
Sans répit, toutes les minutes égrenées
Au cadran de l'horloge où tournent ses ennuis !
Que l'horloge, à la fin, un moment s'interrompe !
Toujours le Temps qui s'émiette, impartial :
Bruit de rouage ou de sable, bruit labial ;
Que le silence enfin, avec sa bonne estompe,
Uniformise un peu cette bouche au fusain…
Le cadran, n'est-ce pas le visage de l'Heure ?
Mais où, dans ce visage, est la bouche qui pleure,
Bouche de l'Heure, au bruit cruel et trop voisin,
Qui sans cesse importune avec sa voix vieillotte ?
— Ah ! que l'Heure s'arrête et trêve au balancier ! —
Bouche d'ombre qu'on ne voit pas et qui grignote
Notre vie en suspens, avec ses dents d'acier.