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1896

XVII

Georges RODENBACH

Combien longues pour le malade les journées ; Combien longues surtout pour lui les lentes nuits ! Sans répit, toutes les minutes égrenées Au cadran de l'horloge où tournent ses ennuis !

Que l'horloge, à la fin, un moment s'interrompe ! Toujours le Temps qui s'émiette, impartial : Bruit de rouage ou de sable, bruit labial ; Que le silence enfin, avec sa bonne estompe,

Uniformise un peu cette bouche au fusain… Le cadran, n'est-ce pas le visage de l'Heure ? Mais où, dans ce visage, est la bouche qui pleure, Bouche de l'Heure, au bruit cruel et trop voisin,

Qui sans cesse importune avec sa voix vieillotte ? — Ah ! que l'Heure s'arrête et trêve au balancier ! — Bouche d'ombre qu'on ne voit pas et qui grignote Notre vie en suspens, avec ses dents d'acier.

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