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1891

XIV

Georges RODENBACH

C'est tout là-bas, parmi le nord où tout est mort : Des beffrois survivant dans l'air frileux du nord ; Les beffrois invaincus, les beffrois militaires, Montés comme des cris vers les ciels planétaires ;

Eux dont les carillons sont une pluie en fer, Eux dont l'ombre à leur pied met le froid de la mer ! Or, moi, j'ai trop vécu dans le nord ; rien n'obvie À cette ombre à présent des beffrois sur ma vie.

Partout cette influence et partout l'ombre aussi Des autres tours qui m'ont fait le cœur si transi ; Et toujours tel cadran, que mon absence pleure, Répandant dans mes yeux l'avancement de l'heure,

Tel cadran d'autrefois qui m'hallucine encor, Couronne d'où, sur moi, s'effeuille l'heure en or !

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