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1891

XIV

Georges RODENBACH

Le sommeil remédie aux amers nonchaloirs, Le sommeil remédie au mal qui nous arrive Et ceint de nénuphars le front à la dérive ; Câlin, il nous entraîne entre ses talus noirs

Et, doucement, on sent de l'eau dans sa mémoire En qui s'est délayé tout ancien souvenir, Et c'est noyer son mal que d'ainsi s'endormir ! On s'enfonce dans l'eau tranquille qui se moire

Pour aller reposer dans le néant du fond Où plus rien, jusqu'à nous, du passé ne pleuvine ; Et c'est, — ce bon sommeil où notre âme se fond — D'une facilité d'oubli presque divine

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