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1891

XIV

Georges RODENBACH

Dimanche, après-midi de dimanche, en province Repos dominical : pâles rideaux levés Pour de rares passants moins réels que rêvés, Ombres, sur un écran, que le soir triste évince…

Solitude du soir dans la vaste maison Où bat le pouls de la pendule qui s'ennuie ; Silence où l'on entend une petite pluie, — Fine pluie automnale et d'arrière-saison, —

Épingler d'acier froid les vitres déjà mortes. Essai de s'égayer avec les pianos En dépit du vent noir qui pleure sous les portes ; Mais, triste, la musique, — écho des casinos

Et des valses de l'autre été si tôt fanées ; Triste, car c'est funèbre et vain, tous ces efforts, Tout ce désir d'un peu s'évader des années Et d'échapper à la tristesse du dehors,

À la tristesse aussi du vent plein de reproches, Tristesse du dimanche où s'affligent les cloches ! Dimanche, après-midi de dimanche ! Langueur De la vaste maison, vide de l'heure enfuie,

Où l'on entend dans l'ombre une petite pluie Épingler d'acier froid les vitres de son cœur !

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