Dimanche, après-midi de dimanche, en province
Repos dominical : pâles rideaux levés
Pour de rares passants moins réels que rêvés,
Ombres, sur un écran, que le soir triste évince…
Solitude du soir dans la vaste maison
Où bat le pouls de la pendule qui s'ennuie ;
Silence où l'on entend une petite pluie,
— Fine pluie automnale et d'arrière-saison, —
Épingler d'acier froid les vitres déjà mortes.
Essai de s'égayer avec les pianos
En dépit du vent noir qui pleure sous les portes ;
Mais, triste, la musique, — écho des casinos
Et des valses de l'autre été si tôt fanées ;
Triste, car c'est funèbre et vain, tous ces efforts,
Tout ce désir d'un peu s'évader des années
Et d'échapper à la tristesse du dehors,
À la tristesse aussi du vent plein de reproches,
Tristesse du dimanche où s'affligent les cloches !
Dimanche, après-midi de dimanche ! Langueur
De la vaste maison, vide de l'heure enfuie,
Où l'on entend dans l'ombre une petite pluie
Épingler d'acier froid les vitres de son cœur !