C'est fini, la légende enfantine des astres,
De les croire vivants, de les songer des lis ;
La nuit souffre de ses millénaires désastres.
C'est fini de rêver le ciel, comme jadis,
Un champ bleu qu'une main partiale ensemence ;
La science le prouve une agonie immense :
Soleils mourants dont le décès est calculé ;
Déserts nus, sans écho ; cendre de nébuleuses ;
Étoiles qui sont des orphelines frileuses ;
Globes dont le soupir est inarticulé
Achevant de périr comme en des léthargies.
Ciel qui s'éteint ! Vaste hôpital de l'Infini,
Où la lune, antique diseuse d'élégies,
Semble malade, tant son visage est blêmi ;
Tels soirs surtout, elle est plus pâle et délayée :
On dirait une hostie, au fil du ciel, noyée ;
On dirait un cadran de tour miré dans l'eau ;
Lune en exil et que nulle étoile n'escorte ;
À l'horizon désert, elle a l'air d'être morte,
Lune exsangue sur l'oreiller de son halo !