Skip to content
1891

XI

Georges RODENBACH

Heures tristes de l'âme : états intermédiaires Où l'âme ne sait plus définir ses ennuis Ni trier l'ancien buis fané du nouveau buis ; Heures vagues où monte un chant de lavandières,

Mais quels linges leurs mains trempent-elles dans l'eau : Nappes d'autels, rochets des grand'messes pascales Ou batistes de nos armoires conjugales ? Heures d'aspect confus : automne ou renouveau ?

Est-il du soir ou du matin, ce crépuscule ? Il neige : mais c'est-il des fleurs ou des flocons ? Est-ce un malheur qui vient ? Un malheur qui recule ? Quel est le clair-obscur où nous équivoquons ?

Heures où l'âme voit, à travers les persiennes, Tandis qu'elle s'éveille en sa chambre sans bruit, Filtrer et se couler des clartés mitoyennes ; Entre-t-on dans le jour ? Entre-t-on dans la nuit ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XI · Georges RODENBACH · Poetry Cove