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1891

X

Georges RODENBACH

Musiques de la rue : accordéons Qu'une chanson amoureuse commente, Rythme indistinct auquel nous suppléons, Qui du meilleur de nous rit et s'augmente ;

Clairons de cuivre au-devant des soldats, Processions, chants des catéchumènes, Marche guerrière ou psaumes presque bas Psalmodiés par des lèvres amènes ;

Toute la joie éparse dans le bruit : Accords lointains qui traversent les vitres De notre âme, violons dans la nuit, Tambours mêlés aux boniments des pitres,

Fête des sons ! Ivresse des crincrins ! … Pourtant rien n'est plus triste, rien ne glace Quand on fléchit pour sa part de chagrins Que d'entendre la musique qui passe.

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