Musiques de la rue : accordéons
Qu'une chanson amoureuse commente,
Rythme indistinct auquel nous suppléons,
Qui du meilleur de nous rit et s'augmente ;
Clairons de cuivre au-devant des soldats,
Processions, chants des catéchumènes,
Marche guerrière ou psaumes presque bas
Psalmodiés par des lèvres amènes ;
Toute la joie éparse dans le bruit :
Accords lointains qui traversent les vitres
De notre âme, violons dans la nuit,
Tambours mêlés aux boniments des pitres,
Fête des sons ! Ivresse des crincrins ! …
Pourtant rien n'est plus triste, rien ne glace
Quand on fléchit pour sa part de chagrins
Que d'entendre la musique qui passe.