Le soleil monte et brûle au haut du ciel d'été.
Comment subir ses feux, son or diamanté,
Luxe aveuglant d'un grand Saint Sacrement solaire ?
Or voici çà et là le reposoir paisible
D'une nuée aux plis ombreux d'étoffe claire ;
Grâce à ces frais abris, l'azur est accessible :
Jardins disséminés aux quinconces de neige,
Grottes de ouate et de mousseline bouffante,
Éventails de duvet dont le ciel chaud s'évente.
Ô nuages, frais comme les nus du Corrège
Et bombant, eux aussi, des croupes nonchalantes ;
Fraîcheur des chairs, celle des eaux, celle des plantes,
Tout ce que l'Univers a de frais s'y résume !
Dans les immensités par le soleil chauffées
Ils sont de bons relais, des oasis de brume,
Des étapes aux rafraîchissantes bouffées…
Ainsi les plans divins sont bien harmoniés !
Que ferait le désert sans le frais des palmiers ?
Et que ferait l'azur s'il n'était versatile
Avec, sans cesse, un nuage qui le ventile ?