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1896

V

Georges RODENBACH

La main est le muet carrefour d'une Race ! Car les lignes aux longs méandres s'y croisant, Ne sont-ce pas d'anciens chemins que rien n'efface Et par où le passé se relie au présent ?

Halte éphémère, au carrefour de notre main, De ces mille chemins traversant la main nue, Venus de l'infini pour repartir demain ; C'est par eux que la Race en nous se continue.

Le carrefour de notre main, un temps, les garde, Mais trop brièvement pour les rendre meilleurs ; Réseau qui reste intact pour le peu qu'il s'attarde, Chemins venus d'ailleurs qui s'en iront ailleurs.

Notre vie est, en eux, d'avance dessinée, Car ils se croisent immuables dans les mains ; Or le sort de chacun se lie à ces chemins… Comment dès lors pouvoir changer sa destinée ?

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