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1891

V

Georges RODENBACH

Les rêves : des miroirs où nous nous délayons Comme éternels déjà, dans un recul d'espace ; Les rêves : des rouets auxquels, d'une main lasse, Nous envidons de la fumée et des rayons,

Du vent, des cheveux morts et des fils de la vierge ; Les rêves : un bouquet qui tout à coup émerge Les nuits d'hiver, en lis gelés, des carreaux noirs ; Les rêves : au perron du parc mélancolique,

Au perron de notre âme, un cabrement, les soirs, Cabrement, sous le clair de lune métallique, D'une troupe de paons, de grands paons radieux Ouvrant leur queue en or comme un éventail d'yeux.

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