Silence de la chambre assoupie et gagnée
Par de l'ombre qui tend ses toiles d'araignée
Dans les angles, obscurs les premiers, où l'essor
Des rêves va finir son vol de mouches d'or !
Silence où toute l'âme assombrie est encline
À se sentir de plus en plus comme orpheline,
Toute seule parmi le soir endolori
À revoir son passé comme un tombeau fleuri.
Et le songeur muet resonge à son enfance
Qui s'écoule et qui fond dans cet obscur silence
Dont la vague se mêle à son plus vague ennui.
Il entre dans du noir et du noir entre en lui
Et la sensation lui vient, douce et suprême,
De changer peu à peu tout en restant lui-même
Douceur de ce silence et de ne plus savoir
S'analyser et d'être à ce point qu'on croit voir
Des fils d'ombre dans la chambre de sa mémoire
Descendre et se confondre en une tache noire
Comme la toile d'une araignée où l'essor
Des songes va finir son vol de mouches d'or
Et tout s'éteint ! Plus de rêve qui se dévide !
Douceur ! Penser du vague et regarder du vide !