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1896

II

Georges RODENBACH

Les lignes de la main, géographie innée ! Ce sont d'obscurs chemins venus de l'infini ; Ce sont les fils brouillés d'un rouet endormi ; Ah ! l'arabesque étrange où gît la Destinée !

Quelle magicienne en lira le grimoire Si confus — on dirait d'il y a si longtemps ! Parmi le sable nu, ruisseaux intermittents ; Noms balafrant en vain un miroir sans mémoire.

Signes définitifs, encor qu'irrésolus ! Pâle embrouillamini, fantasques écritures Dont le sens se dérobe et fuit sous des ratures, Et que nul familier du mystère n'a lus.

Secret perdu du langage des lignes belles Grâce à qui des bergers avaient trouvé le sens Des astres de Chaldée en un ciel bleu d'encens, Ayant vu dans leurs mains des lignes parallèles.

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