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1891

II

Georges RODENBACH

Douceur d'associer notre âme à cette vie Des chambres, qui du moins sont bonnes à nos maux ; Car, pour nous consoler, il ne faut pas des mots Et leur silence aux linges frais nous lénifie

— Tel un malade entrant dans un lit rafraîchi! Ah ! Qu'on nous recajole ! Ah ! Quel mal à nos membres ! Et cet immense ennui que rien n'aura fléchi! Et ce mal à notre âme en exil… mais les chambres

Sont accueillantes, sont des mères sachant bien Le cœur de notre cœur, et jusqu'à la nuance… Elles ont des douceurs et des baumes ! Combien Consolante est leur paix dont l'âme s'influence ;

Et quel soudain oubli de tout ! Quel réconfort Quand le vague soupir des choses nous y berce, Respiration lente et qui, rythmique, endort Comme un bruit d'eaux, ou de jardin sous une averse !

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