Douceur d'associer notre âme à cette vie
Des chambres, qui du moins sont bonnes à nos maux ;
Car, pour nous consoler, il ne faut pas des mots
Et leur silence aux linges frais nous lénifie
— Tel un malade entrant dans un lit rafraîchi!
Ah ! Qu'on nous recajole ! Ah ! Quel mal à nos membres !
Et cet immense ennui que rien n'aura fléchi!
Et ce mal à notre âme en exil… mais les chambres
Sont accueillantes, sont des mères sachant bien
Le cœur de notre cœur, et jusqu'à la nuance…
Elles ont des douceurs et des baumes ! Combien
Consolante est leur paix dont l'âme s'influence ;
Et quel soudain oubli de tout ! Quel réconfort
Quand le vague soupir des choses nous y berce,
Respiration lente et qui, rythmique, endort
Comme un bruit d'eaux, ou de jardin sous une averse !