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1891

ÉPILOGUE

Georges RODENBACH

C'est l'automne, la pluie et la mort de l'année ! La mort de la jeunesse et du seul noble effort Auquel nous songerons à l'heure de la mort : L'effort de se survivre en l'œuvre terminée.

Mais c'est la fin de cet espoir, du grand espoir, Et c'est la fin d'un rêve aussi vain que les autres : Le nom du dieu s'efface aux lèvres des apôtres Et le plus vigilant trahit avant le soir.

Guirlandes de la gloire, ah ! Vaines, toujours vaines ! Mais c'est triste pourtant quand on avait rêvé De ne pas trop périr et d'être un peu sauvé Et de laisser de soi dans les barques humaines.

Las ! Le rose de moi je le sens défleurir, Je le sens qui se fane et je sens qu'on le cueille ! Mon sang ne coule pas ; on dirait qu'il s'effeuille… Et puisque la nuit vient, — j'ai sommeil de mourir !

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