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1872

Sonnet du Trou du Cul

Arthur RIMBAUD

Obscur et froncé comme un œillet violet Il respire, humblement tapi parmi la mousse Humide encor d'amour qui suit la fuite douce Des Fesses blanches jusqu'au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse, À travers de petits caillots de marne rousse Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse ; Mon âme, du coït matériel jalouse, En fit son larmier fauve et son nid de sanglots. C'est l'olive pâmée, et la flûte câline ;

C'est le tube où descend la céleste praline : Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !

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