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1872

Mes petites amoureuses

Arthur RIMBAUD

Un hydrolat lacrymal lave Les cieux vert-chou : Sous l’arbre tendronnier qui bave, Vos caoutchoucs.

Blancs de lunes particulières Aux pialats ronds, Entrechoquez vos genouillères, Mes laiderons !

Nous nous aimions à cette époque, Bleu laideron : On mangeait des œufs à la coque Et du mouron !

Un soir, tu me sacras poète, Blond laideron. Descends ici que je te fouette En mon giron ;

J’ai dégueulé ta bandoline Noir laideron ; Tu couperais ma mandoline Au fil du front.

Pouah ! mes salives desséchées Roux laideron, Infectent encor les tranchées De ton sein rond !

O mes petites amoureuses, Que je vous hais ! Plaquez de fouffes douloureuses, Vos tétons laids !

Piétinez mes vieilles terrines De sentiment ; Hop donc soyez-moi ballerines Pour un moment !…

Vos omoplates se déboîtent, O mes amours ! Une étoile à vos reins qui boitent Tournez vos tours.

Et c’est pourtant pour ces éclanches Que j’ai rimé ! Je voudrais vous casser les hanches D’avoir aimé !

Fade amas d’étoiles ratées, Comblez les coins − Vous creverez en Dieu, bâtées D’ignobles soins !

Sous les lunes particulières Aux pialats ronds Entrechoquez vos genouillères, Mes laiderons !

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